Et si les dealers de quartier pouvaient bientôt déclarer leurs revenus comme n’importe quel freelance ? Cette idée qui paraît saugrenue fait pourtant l’objet d’études approfondies. L’OFDT estime le marché illégal français des drogues à 10 milliards d’euros annuels, dont 60% pour le cannabis seul.
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ToggleUne proposition qui divise mais suscite l’intérêt des économistes
L’Institut des Politiques Publiques a publié en 2025 une analyse révélatrice : légaliser et taxer le cannabis rapporterait 2,5 milliards d’euros par an aux finances publiques. Cette estimation repose sur une consommation de 200 tonnes annuelles et un taux de taxation de 30%, comparable à celui du tabac.
Un gastro-entérologue lyonnais observe : « Nous voyons déjà des patients qui utilisent le cannabis médical dans un cadre légal. La différence de qualité et de traçabilité est saisissante. » Les conditions générales pour les indépendants klasdiques ne prévoient évidemment pas ce cas de figure.
Le modèle du « Vendeur Autonome de Substances Réglementées »
Des critères stricts pour éviter les dérives
La proposition Dupont-Lajoie de 2024 définit le VASR avec des seuils précis : chiffre d’affaires inférieur à 50 000€ annuels, vente de cannabis uniquement (THC < 0,2%), zone géographique limitée par arrêté préfectoral. Un casier judiciaire vierge de crimes organisés serait exigé.
Un système de traçabilité intégral
Chaque VASR disposerait d’un terminal agréé, relié en temps réel à l’administration fiscale. Codes-barres et QR codes garantiraient la traçabilité, comme dans l’industrie du tabac. L’idée de faire appel à un expert-comptable prendrait ici tout son sens.
Trois modalités de taxation envisagées
Les experts distinguent la taxe sur le chiffre d’affaires (simple mais risquée), la taxe spécifique par gramme (plus juste mais complexe) et le système de licences avec droits d’accise. Cette dernière option, inspirée du modèle alcool-tabac, semble privilégiée. Savoir comment budgétiser un grand projet deviendrait crucial pour les candidats VASR.
Les leçons contrastées des expériences internationales
Le Portugal a vu chuter de 50% la consommation chez les jeunes depuis la décriminalisation de 2001, mais connaît une hausse du tourisme de la drogue. Le Canada génère 400 millions de dollars canadiens de recettes fiscales, tout en luttant contre la persistance d’un marché noir représentant encore 30% des ventes.
Les Pays-Bas ont réduit la criminalité liée au cannabis mais peinent avec les tensions frontalières. La Suisse expérimente prudemment avec des résultats encourageants sur la baisse de consommation juvénile.
Transformations sociétales en perspective
Au-delà des chiffres, cette réforme bouleverserait les quartiers populaires. L’Observatoire National de la Délinquance note une baisse de 20% des homicides liés au trafic dans certaines villes américaines ayant légalisé. Cela dit, les syndicats de police redoutent une complexification de leurs missions et une perte de contrôle.
Force est de constater que cette proposition soulève autant d’espoirs que de craintes. Les associations familiales dénoncent une banalisation, tandis que les économistes y voient une source de revenus considérable. Entre pragmatisme fiscal et préoccupations morales, la France devra trancher en s’appuyant sur des études d’impact rigoureuses plutôt que sur des positions idéologiques.



