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ToggleConflit entre associés : sortir du blocage sans couler l’entreprise
Deux fondateurs, une idée, une société créée à parts égales. Le schéma est courant dans les jeunes entreprises technologiques, qu’il s’agisse d’une start-up de robotique, d’un éditeur de logiciels ou d’une société de services numériques. Tant que tout va bien, personne ne relit les statuts. Puis surgit un désaccord : faut-il lever des fonds, changer de modèle, recruter, vendre ? Les décisions ne passent plus, le climat se tend et l’entreprise se fige. Pour éviter que ce blocage ne détruise la valeur construite, l’appui d’un avocat d’affaires en Gironde ou ailleurs permet de reprendre la main avec méthode.

Pourquoi les sociétés innovantes se bloquent si souvent
Les sociétés innovantes réunissent souvent des profils complémentaires : un technicien et un commercial, un ingénieur et un gestionnaire. Cette complémentarité fait leur force au démarrage. Elle devient une source de tension lorsque la société grandit et que les visions divergent. Le partage égalitaire du capital, choisi par souci d’équité, aggrave le problème : aucun des deux ne peut l’emporter, et chaque vote se termine par une impasse.
Le blocage ne reste pas longtemps interne. Les salariés perçoivent le malaise, les investisseurs hésitent, les clients s’inquiètent des retards. Plus le conflit dure, plus la valeur des parts diminue, y compris pour celui qui finira par les racheter. Le temps joue rarement en faveur de quiconque.
Les statuts et le pacte, premier réflexe
La première étape consiste à relire les statuts et, s’il existe, le pacte d’associés. Dans une SAS, la liberté statutaire est grande, et certaines solutions y sont parfois déjà prévues sans que personne s’en souvienne. Une clause d’exclusion peut permettre d’écarter un associé dans des cas définis. Une clause de sortie conjointe ou d’entraînement peut organiser la cession de l’ensemble des titres en cas d’offre d’un tiers. Des clauses dites de bon ou de mauvais partant encadrent le départ d’un fondateur opérationnel.
Ces clauses doivent être maniées avec précaution. Une exclusion mal mise en œuvre, sans permettre à l’associé visé de présenter sa défense, peut être annulée. Une clause rédigée à la hâte peut se révéler inapplicable au moment où l’on en a besoin. Leur lecture conditionne pourtant toute la stratégie.
Négocier avec l’aide d’un tiers
Lorsque le dialogue direct est rompu, l’intervention d’un tiers neutre peut débloquer la situation. La médiation conventionnelle réunit les associés autour d’un médiateur qui les aide à construire eux-mêmes une solution. Elle est confidentielle et souple. Elle convient bien aux fondateurs qui restent attachés au projet commun.
Le mandat ad hoc est une autre voie, plus encadrée. À la demande du dirigeant, le président du tribunal compétent désigne un mandataire chargé d’aider à résoudre une difficulté, y compris un conflit entre associés qui menace la continuité de l’activité. La procédure reste confidentielle, ce qui préserve la relation avec les clients et les financeurs.

Quand le juge doit trancher
Si la négociation échoue, le juge peut être saisi. Il ne gère pas la société à la place des associés, mais il dispose de plusieurs outils. L’abus de majorité sanctionne une décision prise contre l’intérêt social, dans l’unique dessein de favoriser les majoritaires au détriment des minoritaires. À l’inverse, l’abus de minorité vise l’associé qui bloque une opération essentielle pour la société, dans le seul but de défendre son intérêt personnel.
En cas de paralysie grave, le juge peut désigner un administrateur provisoire chargé de gérer temporairement la société. Cette mesure reste exceptionnelle et suppose que le fonctionnement normal de la société soit devenu impossible, au point de la mettre en péril. Un associé peut aussi demander une expertise de gestion pour faire la lumière sur certaines opérations contestées.
Organiser la séparation
Dans bien des cas, la seule issue durable est le départ de l’un des associés. Tout se joue alors sur la valorisation des titres. Les fondateurs d’une société technologique ont souvent des visions très éloignées de la valeur de leur entreprise, entre actifs immatériels, code source, brevets et perspectives de croissance. Le recours à un expert, désigné d’un commun accord ou par le juge lorsque les statuts ou la loi le prévoient, permet de sortir de cette impasse.
En dernier recours, la dissolution judiciaire peut être demandée pour justes motifs, notamment en cas de mésentente entre associés paralysant le fonctionnement de la société. C’est une solution radicale, qui met fin à l’aventure pour tout le monde. Sa simple perspective pousse parfois les parties à revenir à la table des négociations.
Anticiper le prochain désaccord
Le meilleur moment pour traiter un conflit entre associés reste celui où il n’existe pas encore. Un pacte bien rédigé, des règles de gouvernance claires, une voix prépondérante attribuée selon les sujets ou un mécanisme de rachat prévu dès la création évitent beaucoup de situations douloureuses. Ces outils se négocient plus facilement entre associés qui s’entendent qu’entre associés qui ne se parlent plus.
Les avocats du cabinet Juris Terra, à Libourne, insistent sur ce point : la solution adaptée dépend toujours de la forme de la société, de la rédaction des statuts et de l’équilibre entre associés. Chaque situation doit être examinée au cas par cas avec un avocat.
Publié par : La rédaction — Rédacteur spécialisé en consommation et vie pratique (entreprise)
Relu, corrigé et validé par : La rédaction — Rédacteur en chef
Mis à jour le 1 novembre 2026


