RIP ADP : une occasion historique de démocratie directe !


En 2008, une révision constitutionnelle inscrit dans la loi que si 1/5eme des deputés et 10% du corps électoral le demandent, le gouvernement est obligé d'organiser un référendum pour consulter le peuple sur une question précise.

Pendant plus de 10 ans, cette possibilité de Référendum d'Initiative Partagée (RIP) n'est pas utilisée jusqu'au printemps dernier où, malgré l'écrasante majorité LREM au parlement, 1/5ème des députés s'accordent pour imposer au gouvernement d'organiser un RIP pour que le peuple soit directement consulté pour décider si le groupe ADP (Aéroport de Paris qui, pour faire court, dégage des bénéfices et comprend notamment 3 aéroports – Orly, Charles de Gaulle et Le Bourget - et des milliers de zone naturelle en région parisienne) doit être considéré comme un service public national ou si l’état peut décider de le donner pour 70 ans en concession au privé comme il en a le projet.

Malgré les arguments contraires du gouvernement, la procédure est validée par le Conseil constitutionnel…


Pour qu'elle débouche, il faut maintenant que plus de 4 millions 700 000 électeurs soit 10% du corps électoral remplissent et valident le formulaire de participation en ligne sur https://www.referendum.interieur.gouv.fr

Au vu de la défiance vis à vis des processus électoraux, du dépit des français vis à vis de la vie politique et du vide sidéral de communication autour de la question, 4 700 000 signataires, c'est énorme !

Bref, sous la contrainte le gouvernement met en ligne mi juin un site pour recueillir les signatures … et quel site, … digne des années 80 ! ...bien buggé à sa mise en ligne et, bien qu'amélioré, … il est encore semé d'embûches. Voir la page Problèmes site du ministère de l’intérieur

Contrairement au grand débat qui a fait la une des medias main stream pendant 2 mois avec des heures de live et des tweet sponsorisés du gouvernement sur le sujet, le RIP a été vite fait annoncé à son lancement et c'est depuis un silence assourdissant !

Des citoyens et des députés ont interpellé le CSA à ce sujet qui a rétorqué qu'il n'y avait aucune obligation légale à ce que les médias en parlent et qu'il ne lèverait donc pas le petit doigt.


Face à ce déni de démocratie, des collectifs de citoyens et de militants de tous bords, munis de leur connexion et de leurs outils informatiques organisent des campagnes de rue pour informer la population et l'aider à participer. Voir la page Guide du militant

A la question ;  « Savez vous qu'il y a un référendum en cours en ce moment en France ? » la plupart des gens rencontrés répondent qu'ils en savent pas…

Certains croient avoir signé mais quand on leur demande s'il ont bien signé en saisissant leur numéro de carte d'identité .. ils s'aperçoivent que c'est en fait les pétitions et non le referendum officiel qu'ils ont signé …

Certains nous ont même répondu qu'ils ne signeraient plus rien, ne voulant pas être fiché et prendre ainsi le risque qu'on vienne les chercher chez eux !

Lorsqu'on les informe de l’existence de ce référendum qui ne nous demande pas de prendre parti pour ou contre la « privatisation d'ADP » mais propose d'entrer en dialogue direct avec le gouvernement pour lui signifier que nous voulons participer aux décisions publiques, parce qu'il s'agit bel et bien d'une pétition pour demander un référendum (!) … ils signent quasiment à tous les coups !

… enfin, … quand ils y arrivent ! … Entre celles et ceux qui ne sont pas identifiés comme électeur par la plateforme, alors même qu'ils ont pu voter aux dernières élections, celles et ceux qui n'arrivent pas à se connecter au site, celles et ceux qui ne pensent pas à descendre tout en bas du 3eme écran pour saisir le captcha qui valide leur participation, celles et ceux qui regrettent à ce moment là de ne plus être inscrits sur les listes électorales … c'est un peu le parcours du combattant pour participer à ce moment historique de démocratie directe ..

Il y a bien une procédure pour aller signer en mairie mais … d'abord, ce n'est que dans les plus grosses mairies des cantons dont la liste est établie par décret préfectoral + les personnels des mairies ne savent pas toujours qu'ils sont en devoir de le faire et comment procéder + la plateforme de saisie semble être la même que pour le grand public et ils se retrouvent confrontés au mêmes problèmes d'interface que les particuliers…

Sans compter que même parmi celles et ceux ayant réussi à signer, il y en a qui ne se retrouve pas parmi la liste des signataires sensée être complète après les 5 jours de délai pour vérification … Il est alors recommandé de déposer une réclamation sur le site gouvernemental, … le nombre de réclamation déposées semblant être le seul thème de communication des médias sur le sujet !


Avec tout ça, si le rythme des signatures ne s’accélère pas carrément, on estime qu'il n'y aura que 1 500 000 signatures au 12 mars, date limite du scrutin au lieu des plus de 4 millions requises ! Le gouvernement aura alors beau jeu de nous dire que lorsqu'il nous donne la parole, nous ne la prenons pas et qu'il peut donc continuer en toute impunité à décidé de notre avenir à sa guise, sans nous !

Pourtant, si les plus de 800 000 actuels signataires récoltent 10 signatures chacun dans leur entourage … on arrive à 8 millions de signatures et le rapport de force s'inverse ! C'est à portée de main et dépend de chacun-e !


Pour signer et faire signer, rendez vous muni de votre carte d'identité ou passeport sur le site officiel : https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1

Pour une petite liste des embûches rencontrées à la signature, c'est par là : Problèmes site du ministère de l’intérieur

Pour consulter les stats de participation et pour une foultitude d'info au sujet de ce RIP, c'est ici : https://www.adprip.fr/